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Il existe trois filières principales de valorisation des déchets de caoutchouc :
• La valorisation « matière »
Pneus : les pneus réutilisables, en occasion ou par rechapage : ils concernent 1/3 environ des pneumatiques et restent les meilleures valorisations envisageables par leur facilité et leur faible coût (opération rentable).
Le rechapage consiste à remplacer la bande de roulement usagée des vieux pneus, ce qui permet, quand il est réalisé dans des conditions industrielles, de retrouver les qualités d'origine et donner une seconde vie au pneu.
Le rechapage est surtout développé pour les pneus poids lourds (presque un sur deux), pneus de chantier, d'avion et pneus neige. L'activité de rechapage génère à son tour des déchets, dont la fibrette de caoutchouc, genre de granulat longiligne. Les pneus déchiquetés sont issus d'un broyage grossier. Ils peuvent remplacer d'autres matériaux en couche de drainage de fond de décharge ou parfois en sous-couche routière légère et isolante.
Le « granulat », la « poudrette » et la « fibrette » de caoutchouc sont issus du rechapage ou du broyage (granulation) puis de la micronisation (pour la poudrette, très fine). Le broyage et la granulation peuvent s'effectuer à froid : c 'est la cryogénisation, qui donne des produits réservés à certains marchés. Granulats et poudrettes entrent dans la fabrication de roulettes, de revêtements de sols (aires de jeux ...), de semelles, de produits d'étanchéité, d'isolation phonique...
Ces deux dernières techniques souffrent actuellement de l'étroitesse du marché, mais plus encore de l'irrégularité des quelques producteurs français existants et du peu de fiabilité globale de la filière, le plus souvent gérée de façon plutôt artisanale. Toutefois, des perspectives existent pour des utilisations en travaux publics, notamment pour certains revêtements routiers (enrobés drainants).
Déchets de caoutchouc : la valorisation matière s'effectue le plus souvent en interne. La valorisation externe reste minoritaire.
• La valorisation énergétique
Compte tenu du haut pouvoir calorifique du caoutchouc, les déchets et vieux pneumatiques usagés sont valorisables comme combustibles de substitution. Cette valorisation peut notamment être mise en œuvre, souvent après préparation des matériaux, dans les fours de cimenteries (3 t de pneus ont un pouvoir calorifique identique à celui de 2 t de fioul). Une unité de déchiquetage de pneumatiques, alimentant une cimenterie en combustible de substitution, est en place depuis 1991 dans le Rhône (GIE VALERCO) ; sa capacité (10 000 tonnes par an) permet de couvrir une partie des besoins régionaux de valorisation. Les pneus déchiquetés sont ici associés à la partie combustible de résidus de broyage des gros matériels en fin de vie (automobiles, produits blancs, etc.).
Des projets d'unités de valorisation énergétique spécifiques aux pneus usagés ont été envisagés, sans déboucher concrètement jusqu'alors.
• Les valorisations originales
Valorisation de pneumatiques en techniques routières (renforcements de terrains, remblais allégés :procédés PNEUSOL,PNEURESIL,PNEUTEX...),dans la lutte contre les vibrations dans les plates-formes ferroviaires ou pour la fabrication de murs anti-bruits.
Exemple : utilisation de 65 000 pneus poids lourds pour la protection de l'autoroute de Maurienne.
Dans cette catégorie, peut également être incluse la valorisation en agriculture : les pneus usagés entiers y sont généralement utilisés pour la tenue des bâches d'ensilage.
Malgré ces diverses possibilités de valorisation, actuellement non rentables pour la plupart, une part assez importante et difficile à déterminer finit toujours sa vie en décharge, bien qu'un arrêté de 1997 interdise cet exutoire, depuis le 1er juillet 2002.
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