Retour Accueil
Guide de tous les déchets 2007 (name)
Annuaire
Ressources documentaires
.
Avis aux utilisateurs
Quitter
Non connecté.
Ouverture de session
 
La déconstruction
Les déchets de démolition et de dépose en chantier de réhabilitation représentent environ 85 % des déchets de chantier, soit 27 millions de tonnes sur un total de 32 millions de tonnes. L'obligation de limiter la mise en décharge des déchets par une plus grande valorisation justifie le développement de la déconstruction (appelée encore démolition sélective) des bâtiments et des ouvrages.

Le principe

Dans la phase de fin de vie d'un bâtiment, on retient deux étapes : la démolition proprement dite et le devenir des déchets de démolition. La phase de démolition doit faire l'objet d'une réflexion sur le choix de la technique de démolition et sur l'organisation de celle-ci, tout en limitant les nuisances pour les ouvriers et les riverains . Ce choix aura un impact direct sur le devenir des déchets car il conditionne la quantité de déchets valorisables.

La déconstruction consiste à organiser la fin de vie du bâtiment en passant par plusieurs phases intermédiaires qui font appel à des techniques traditionnelles de démolition.

Elle vise l'optimisation du tri des déchets de démolition et une amélioration de leur valorisation . Elle présente l'avantage d'être moins coûteuse par rapport à une démolition traditionnelle réglementaire pour la phase d'élimination des déchets, du fait de la plus grande valorisation, mais elle est plus onéreuse dans la phase de démolition elle-même qui nécessite plus de temps. Par le choix d'une méthode de déconstruction adéquate et une optimisation des filières de valorisation des déchets, la quantité de déchets mis en décharge est limitée.

La composition des déchets de démolition en masse est de : 65 % d'inertes, 33 % de DBE et 2 % de DIS (Source FFB - ADEME).
Aujourd'hui, la déconstruction permet de valoriser principalement les déchets inertes, les déchets du second œuvre étant encore essentiellement mis en décharge, par l'absence de filières de recyclage locales. Les déchets de démolition peuvent être remis, triés ou non sur le chantier, aux gestionnaires de plates-formes de regroupement / tri / pré-traitement ou aux entreprises de gestion des déchets.

D'un rayon d'activité de 15 à 20 km, les plates-formes de regroupement constituent des déchèteries d'entreprises réservées aux déchets du bâtiment.

C'est l'étape intermédiaire avant l'acheminement vers les centres de tri ou de traitement spécialisés, les filières de recyclage et les CET.

Vademecum du maître d’ouvrage

Organiser la déconstruction

Lors de la programmation de l'opération, il est recommandé au maître d'ouvrage de réaliser ou faire réaliser un audit préalable de l'ouvrage à démolir.

Cet audit permet de :

  • quantifier les matériaux présents par catégorie ou nature,
  • recenser les filières locales d'élimination et de valorisation des déchets,
  • spécifier les modes opératoires les plus adaptés pour augmenter la part de valorisation dans l'élimination des déchets.

Cette étude qualitative et quantitative doit faire partie intégrante du programme de l'opération arrêté par le maître d'ouvrage.

Lors de la préparation du dossier de consultation des entreprises (DCE), il est recommandé de :

  • créer un lot spécifique de déconstruction (tout en évitant une déresponsabilisation des différents intervenants du chantier),
  • joindre l'audit préalable comme pièce de référence dans le DCE pour l'établissement des offres,
  • demander à l'entreprise, dans le règlement de consultation, de remettre une notice expliquant le mode opératoire de déconstruction, le mode d'élimination et de valorisation des déchets ainsi que les coûts correspondants (décomposition des prix),
  • prescrire dans le CCTP joint au DCE le suivi des déchets, grâce à un bordereau de suivi (simplifié pour les déchets autres que DIS et amiante).

Privilégier les filières de valorisation des déchets de proximité

Situation en Rhône-Alpes

Le Conseil régional Rhône-Alpes mène dans ce sens une politique ambitieuse sur le parc de lycées dont il est responsable. Depuis 1998, les rénovations et constructions doivent satisfaire aux critères d'un cahier des clauses techniques Haute qualité environnementale (HQE). Dans ce contexte d'expérimentation, l'ADEME a subventionné, jusqu'au 30 juin 2002, les études de faisabilité, maîtrise d'œuvre et travaux des opérations exemplaires ou de démonstration de déconstruction.

En Rhône-Alpes, la déconstruction se généralise notamment pour les maîtres d'ouvrages publics voire privés.
En effet, les options de valorisation pour les différents matériaux générés par ces travaux de déconstruction constituent aujourd'hui une nécessité tant du point de vue économique qu'écologique. Aux coûts liés à la démolition ou à la déconstruction des bâtiments s'ajoutent les coûts d'élimination et de transport des matériaux aux centres de traitement.
Mais au-delà de l'enjeu économique, un choix judicieux des options de valorisation permet de préserver l'environnement en évitant la mise en décharge de matériaux recyclables et en économisant des ressources naturelles.

Déconstruire les bâtiments . Guide ADEME
Qualité environnementale bâtiments - Manuel à l'usage de la maîtrise d'ouvrage et acteurs du bâtiment . ADEME, 2002
Gestion sélective des déchets sur les chantiers de construction. Ratios techniques et économiques. 24 fiches d'opérations . ADEME
     
    Haut de page