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Guide de tous les déchets 2007 (name)
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Boues résiduaires de station d'épuration

Définition

Une station d'épuration assure le traitement des eaux usées raccordées au réseau d'assainissement et produit :
• une eau épurée, dont le rejet au milieu naturel est autorisé,
• un résidu, constitué des substances organiques et minérales extraites des eaux par épuration, et désigné sous le terme de «boues».

Gisement

National :
• 850 000 tonnes/an de matières sèches (MS), soit environ 9 000 000 tonnes de boues,
• 10 à 25 kg/an/hab.
Régional :
Les divers procédés d'épuration des eaux usées domestiques ont entraîné, en région Rhône-Alpes, la production de 101 700 tonnes de matières sèches de boues.

En pratique

Ces boues peuvent avoir trois destinations :

La valorisation agricole
La valorisation des boues en agriculture, par épandage direct ou après compostage, se justifie par la présence de matières organiques et d'éléments fertilisants (azote et phosphore, potassium, calcium...). Les boues doivent être épandues dans les conditions d'une bonne pratique agricole (plan d'épandage, suivi agronomique des épandages, etc.).

En Rhône-Alpes, 30 000 tonnes de MS sont valorisées chaque année en agriculture par épandage direct ou par compostage. Le traitement, le stockage, le transport et l'épandage des boues doivent être étudiés et décidés en concertation avec la profession agricole pour assurer la fiabilité et la pérennité de la filière choisie, ainsi qu'avec la collectivité et la population concernée pour que l'activité soit acceptée.
Enfin, si les débouchés en agriculture sont réduits, d'autres filières sont envisageables, comme la revégétalisation de pistes de ski ou de talus routiers.

L'incinération dans des UIOM spécialement équipées ou dans des unités spécifiques
Deux caractéristiques des boues influencent leur faculté d'incinération :
• la teneur en matière organique,
• la siccité ou teneur en matière sèche.
Ces caractéristiques déterminent la valeur du pouvoir calorifique inférieur ou PCI. Selon la méthode choisie pour les incinérer, les boues peuvent nécessiter des traitements préalables pour accroître leur siccité : séchage thermique ou mécanique plus ou moins prononcé.
L'incinération produit des fumées qu'il faudra traiter, ainsi que des cendres (matières minérales où se concentrent notamment les éléments traces) qui doivent être évacuées vers des centres de stockage de classe I, et éventuellement y subir un traitement d'inertage.
En France, l'incinération des boues s'effectue seule ou conjointement avec les ordures ménagères. Pour fonctionner dans de bonnes conditions techniques et financières, ce procédé nécessite des installations d'une taille minimale. Il n'est donc viable que pour les grandes installations.

Le stockage
L'arrêté du 9 septembre 1997 donne une liste non exhaustive de déchets admissibles en centres de stockage de classe II, dans laquelle les boues d'épuration figurent en catégorie D : «déchets fortement évolutifs conduisant à la formation de lixiviats et de biogaz».
Une seule condition est imposée aux boues : contenir au moins 30 % de matière sèche.
Depuis le 1er juillet 2002, le stockage des boues n'est réglementairement possible que s'il a été prévu dans la définition du «déchet ultime» du plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés.
La mise en décharge de boues (STEP de capacité nominale > 20 000 eq-h), sans que ces déchets aient subi un traitement visant à réduire les taux de matière organique, est interdite. Les installations de traitement des boues devront être fonctionnelles au 1er juillet 2007.

En Rhône-Alpes

La situation actuelle sur les différentes voies d'élimination des boues d'épuration en Rhône-Alpes est la suivante :
• valorisation agricole : 40% du tonnage de MS produites,
• mise en décharge : 24%,
• incinération : 34%, les «grandes» stations ayant recours à l'incinération (Lyon, Grenoble, Chambéry...),
• autre destination: 2%.

Le mode de traitement des boues produites varie d'un département à l'autre. Certains départements utilisent plutôt l'épandage (Drome, Ardèche ; Ain), d'autres l'incinération (Rhône ; Savoie ; Haute-Savoie et Isère) et enfin le stockage (Loire).
A titre de comparaison, la répartition des différentes filières d'élimination, à l'échelle nationale, est la suivante :
• valorisation agricole : 45% du tonnage de MS produites,
• mise en décharge : 40%,
• incinération : 15%.

Réglementation

• Décret n°97 - 1133 du 8 décembre 1997, relatif à l'épandage des boues issues du traitement des eaux usées et l'arrêté d'application adopté le 8 janvier 1998 prévoient la réalisation de plans d'épandage et de suivis agronomiques ainsi que le respect de critères d'innocuité, d'intérêt agronomique et de traçabilité. Selon ce décret, elles constituent un déchet au sens de la loi du 15 juillet 1975 sur les déchets. Toutefois, le même décret précise qu'elles ne peuvent être épandues sur les terres agricoles que si elles présentent un intérêt pour l'alimentation des cultures. Cette orientation en faveur du recyclage agricole des boues s'inscrit dans les objectifs de la loi du 13 juillet 1992 et de la circulaire du 28 avril 1998.
« une solution alternative d'élimination ou de valorisation des boues doit être prévue pour pallier tout empêchement temporaire de se conformer aux dispositions du présent décret ».
Des réglementations spécifiques concernent les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement et le recyclage agricole des boues de papeterie. Elles s'appuient sur le contenu du décret n°97-1133 du 8 décembre 1997 et de l'arrêté du 8 janvier 1998.

• Arrêté du 17 août 1998, qui détermine les prescriptions applicables à l'épandage des boues d'épuration issues des installations classées. Le dispositif mis en place est très proche de celui régissant l'épandage des boues urbaines.
• NFU 44 095 relative aux composts contenants des matières d'intérêt agronomiques issues du traitement des eaux. La présente norme a pour objet de fixer les dénominations, les définitions et spécifications, le marquage, les éléments de caractérisation des composts contenant des matières d'intérêt agronomique, issues du traitement des eaux . Elle s'applique aux produits finis utilisables en l'état contenant des matières issues du traitement physique, chimique ou biologique des eaux et aux mélanges constitués de ces matières et d'un ou plusieurs engrais.

Rôle du producteur

La collecte et le traitement des eaux usées sont devenus obligatoires pour les communes de plus de 2 000 habitants et pour les industries agroalimentaires de plus de 4 000 équivalent-habitants (directive européenne).
A terme, le volume des boues de station d'épuration à traiter devrait donc doubler.


Coût pour les boues de stations urbaines :

En moyenne :

183 € HT/tonne de MS

 

3,8 € HT/an/habitant

 

0,06 € HT/m3 d'eau potable

Petites stations ( < 10 000 eq-h)

300 à 400 € HT/tonne de MS

 

6 à 12 € HT/an/habitant

 

0,12 à 0,14 € HT/m3 eau potable

Grandes stations (+ 100 000 eq-h)

76 à 91 € HT/tonne de MS

 

1,8 € HT/an/habitant

 

0,05 € HT/m3 eau potable

Coût des filières d'élimination des boues :

(en € par tonne de matière sèche)

Taille de la STEP en équivalent - habitant

Épandage boues liquides, pâteuses ou chaulées

Épandage boues séchées, boues compostées

Co - incinération boues pâteuses

Co - incinération boues séchées

Incinération
spécifique

 

3 000 à 10 000

381 à 640

 

 

 

 

 

50 000 à 100 000

320 à 411

 

 

 

 

 

100 000 à 300 000

274 à 320

396 à 457

304 à 396

381 à 442

487 à 609

300 000 à 500 000

259 à 274

350 à 396

243 à 304

289 à 381

350 à 487

Source : Agence de l'eau Loire Bretagne, ADEME, Cemagref - juillet 1999

Utilisation des déchets organiques en végétalisation - Guide de bonne pratique . Coédition ADEME/Cemagref, coll. Données et références, 1999 - Réf. 3357 - 23 €
Épandage de boues d'épuration sur prairies et cultures fourragères : aspects microbiologiques . Coédition ADEME/Équilaterre, Coll. Données et références, 1999 - Réf. 3356 - 23 €
Évaluation du nombre et qualification des emplois liés au recyclage agricole des boues d'épuration urbaines : le cas de la Région Lorraine . ADEME, 1999
Épandage des boues résiduaires : aspects sanitaires et environnementaux . ADEME, 1998 - Réf. 3276
Les coûts de traitement et de recyclage agricole des boues d'épuration urbaines . ADEME, coll. Connaître pour agir, 1999 - Réf. 3444 - 30 €
Composts de boues de station d'épuration municipales - Qualités agronomiques et utilisations . Coédition ADEME/Recyval, coll. Données et références, 2000 - Réf. 3276 - 23 €
Les boues chaulées de stations d'épurations municipales . ADEME, coll. Données et références, 2001 - Réf. 3831 - 30,49 €
Les boues d'épurations municipales et leur utilisation en agriculture . ADEME, 2001 - Réf. 3832
Étude régionale sur la gestion des boues en Rhône-Alpes - État des connaissances et des pratiques . ADEME/Agence de l'eau/DIREN/Région Rhône-Alpes, 1999 - Diffusion sur demande

SITES WEB
SEDE : www.sede.fr
Agences de l'eau : www.lesagencesdeleau.fr
Site du réseau national des données sur l'eau : www.rnde.tm.fr
Centre d'information sur l'eau : www.cieau.com

Référents

AFNOR
AGENCE DE L'EAU
SATESE
SATEBE
CEMAGREF
SYPREA (Syndicat des professionnels du recyclage en agriculture)
SYNDICAT INTERCOMMUNAL DE LA GRANDE PLAGNE (73)
SIVOM DU PAYS ROCHOIS (74)
GAEC Le Haut-Bourg (74)
     
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