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| Filières de traitement des déchets ménagers et assimilés |
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Il existe plusieurs modes de traitement des déchets répartis en grandes catégories, avec une hiérarchie entre ceux qui permettent une valorisation et les autres : Les traitements avec valorisation matière ou énergétique :
- la valorisation matière,
- le traitement biologique par compostage ou méthanisation,
- le traitement thermique avec valorisation énergétique (chaleur et/ou électricité)
Les traitements sans valorisation :
- le traitement thermique sans valorisation énergétique,
- le stockage limité aux déchets ultimes.
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La Valorisation matière
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La valorisation matière est qualifiée par plusieurs filières :
- Le réemploi :
Un déchet est utilisé pour un usage analogue à son premier emploi. C'est, par exemple, le cas des bouteilles consignées, pour une partie des vêtements ou de l'électroménager.
- La réutilisation :
Le déchet est utilisé pour un usage différent de son premier emploi.
- La régénération :
Par un procédé physique ou chimique, on redonne au déchet des caractéristiques qui lui permettent de remplacer une matière première neuve. La régénération s'applique notamment aux huiles usagées.
- Le recyclage :
On obtient à partir de déchets, des matières premières entrant dans la fabrication de nouveaux produits. C'est le cas du verre : les verreries peuvent fonctionner avec presque 100% de verre recyclé.
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Le traitement biologique
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Il est réservé à certaines catégories de déchets organiques pouvant être dégradés par voie bactérienne. Les traitements biologiques ont pour effet de transformer, dans des conditions contrôlées, les matières fermentescibles en un produit stabilisé riche en composés humiques à savoir le compost et le biogaz pour la méthanisation. Plusieurs techniques sont envisageables suivant les deux modes possibles de dégradation de la matière organique :
- en présence d'oxygène (aérobiose) : c'est le compostage,
- ou en absence d'oxygène (anaérobiose) : c'est la méthanisation (production de biogaz).
Les traitements biologiques ont deux objectifs :
- un objectif de traitement qui est de réduire le plus possible la quantité de refus à éliminer ainsi que la charge organique de ces refus,
- un objectif de production d'un amendement organique de qualité adapté au débouché.
Le Compostage Le compostage est un procédé de traitement biologique aérobie des matières fermentescibles dans des conditions contrôlées. Il produit du dioxyde de carbone (CO 2), de la chaleur et permet la production d'un compost de qualité. Les intérêts du compostage sont de plusieurs ordres : - Le recyclage des déchets organiques et la production d'un compost de qualité permettant de réduire les déchets biodégradables à stocker, - Le désengorgement des incinérateurs, - La complémentarité possible pour le traitement de différents types de déchets organiques par co-compostage, - Le rôle pédagogique vis-à-vis des habitants dans le cas notamment de la mise en œuvre du compostage individuel ou du compostage de quartier.
La méthanisation La méthanisation est un procédé biologique de dégradation de la matière organique par une flore microbienne, qui se déroule en l'absence d'oxygène et est aussi appelée digestion ou fermentation anaérobie. A l'inverse du compostage, le processus se déroule dans un environnement anaérobie. La matière biodégradable est transformée en digestat et en biogaz composé majoritairement de méthane (environ 60%). Le digestat, après maturation par compostage, constitue un amendement organique dont les caractéristiques sont voisines de celles du compost. Le biogaz est valorisé soit sous forme de chaleur et/ou d'électricité. La méthanisation répond aux même objectifs que le compostage avec, en plus, un objectif de production de biogaz.
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Le traitement thermique
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L'incinération Une partie des déchets possède un pouvoir calorifique suffisant pour dégager de la chaleur lors de la phase de combustion : le déchet peut alors remplacer un combustible classique (totalement ou partiellement) et la chaleur produite est utilisée en chauffage, dans des moteurs, dans de la production de vapeur industrielle ou bien dans la génération d'électricité. L'incinération permet de réduire la masse des déchets de 70% et leur volume de 90 %. Elle conduit à la production de mâchefers, de cendres et de sous produits de l'épuration des fumées (Résidus d'Epuration d'Incinération d'Ordures Ménagères et d'Incinération de Déchets Industriels : REFIOM et REFIDI). La valorisation énergétique de la chaleur produite par la combustion peut se faire sous forme d'électricité et/ou de chaleur directement. L'incinération avec récupération d'énergie est la valorisation énergétique la plus répandue, mais il en existe d'autres types tels que la pyrolyse ou la thermolyse. La méthanisation, dans le cas d'une valorisation du biogaz peut, elle aussi, être considérée comme une valorisation énergétique. Elle n'est adaptée qu'aux déchets biodégradables qui subissent alors une fermentation qui produit du biogaz riche en méthane, combustible gazeux.
Les mâchefers et cendres issus de l'incinération des ordures ménagères Si les cendres, composées des résidus d'épuration des fumées et des cendres volantes, sont considérées comme des déchets industriels spéciaux et doivent être éliminées, après stabilisation, en décharge de classe I, les mâchefers peuvent suivre des filières plus variées. En effet, la circulaire ministérielle du 9 mai 1994 autorise les mâchefers à faible fraction lixiviable à être valorisés pour certaines applications en techniques routières. Les mâchefers à fraction lixiviable plus importante subissent soit une maturation préalable en vue d'une valorisation future ou sont, si le potentiel polluant est trop élevé, mis en décharge de déchets ménagers et assimilés.
Le stockage Le stockage est un principe d'enfouissement sur le sol ou dans des cavités naturelles ou artificielles du sol sans intention de reprise ultérieure. Il est le maillon final de toute filière de traitement des déchets. Depuis le 1er juillet 2002, le stockage est réservé aux déchets ultimes. Voir partie du guide consacrée aux déchets ultimes.
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Les modes de traitements en émergence |
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Le prétraitement mécano-biologique Son objectif est de préparer les déchets afin de limiter la matière organique à enfouir. La production des lixiviats serait moins chargée en matière organique, diminuant ainsi de 80% la production de biogaz. Il consiste à :
- éliminer les matériaux indésirables (inertes, plastiques, métaux…),
- à produire un résidu stabilisé pour l'enfouissement.
Il permet de diminuer les déchets à enfouir en augmentant ainsi la durée de vie du centre de stockage. Le tassement des déchets est cependant plus faible diminuant la place disponible au total. Ce type de traitement est à distinguer du compostage sur ordures ménagères brutes ou grises qui prévoit une valorisation agronomique du résidu obtenu. L'ADEME, en l'état actuel de ses connaissances sur ces procédés et au vu des différents textes réglementaires en préparation, considère que recourir à ce type de procédé présente pour les collectivités un risque non négligeable de non-conformité réglementaire future empêchant une valorisation en cultures alimentaires du compost produit.
Co-incinération Il s'agit de traiter les déchets dans des installations industrielles, comme combustible d'appoint dont la vocation principale n'est pas l'incinération, comme par exemple, les cimenteries et les fours à chaux.
Thermolyse Les déchets sont chauffés entre 400 et 500° C sous vide d'air où ils se décomposent pour produire un charbon pauvre qui doit être incinéré (avec production d'énergie). Ce procédé produisant peu de fumées, les stations de traitement sont de plus faibles dimensions et représentent un coût moindre. Ce procédé s'adapte plus facilement à des gisements plus faibles de déchets (moins de 30 000 t/an). Cette technologie étant nouvelle, il n'existe que peu de recul sur sa mise en oeuvre industrielle.
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La pénurie de centres de traitement |
Selon une enquête réalisée par l'ADEME en 2004, 65 départements (sur une totalité de 100 départements français) présentent un risque de pénurie d'exutoires d'ici 2008. En Rhône-Alpes, la situation est contrastée selon les départements.
L'élaboration des plans départementaux a été voulue par le législateur comme le moyen de prévenir cette pénurie en définissant les besoins et en identifiant les équipements à créer.
Les causes de la pénurie d'exutoires L'origine de la pénurie d'exutoires est plurielle:
- une absence de prévision de l'évolution de la production de déchets, alors que la croissance est voisine de 2% par an,
- la saturation des installations de traitement,
- la fermeture des installations pour cause de non respect de la réglementation ou vieillissement technique,
- un contexte local rarement favorable à l'émergence de nouvelles installations : absence de porteur de projet, plan départemental peu précis, refus des populations…
La situation peut être contrastée selon les départements : capacité d'incinération suffisante mais pas de centres de stockage, capacité suffisante pour les déchets des entreprises mais pas pour les déchets des ménages…
Les conséquences Les conséquences peuvent se résumer selon trois grands points :
- une diminution de la durée de vie des installations de traitement des déchets restantes,
- une augmentation des distances de transport,
- l'impossibilité de respecter les dispositions légales ou prévues par le plan départemental (non respect du principe de proximité, stockage de déchets alors que le traitement thermique est préconisé par le plan…)
Les solutions La solution actuelle pour gérer cette pénurie est la recherche d'exutoires hors périmètre. Cette solution de recours permet de gérer les déchets provisoirement en attendant la mise en place d'un nouveau projet. Cependant, sa pérennité n'est pas acquise et elle a comme incidence principale l'augmentation des tonnages transportés.
L'extension et la mise aux normes des installations permettent, pour l'une, d'augmenter la capacité de traitement et pour l'autre, de prolonger la durée de vie des installations, mais restent limitées par leurs caractéristiques techniques.
La construction de nouvelles installations (prétraitement mécano-biologique, méthanisation, traitement thermique, stockage …) est la solution la plus sûre. Cependant, elles sont longues à mettre en place : de l'ordre de huit ans pour un CSD et une UIOM et de trois à cinq ans pour une unité de méthanisation.
Ces projets se heurtent le plus souvent à de nombreuses difficultés, certaines sont liées au manque de maturité du projet, d'autres au manque de concertation.
La situation en Rhône-Alpes La pénurie est de 2 natures :
- l'inadéquation entre besoins et capacités, à détailler par système de traitement,
- incertitude quant à la possibilité de pouvoir exporter (ou continuer à exporter !) les déchets dans un territoire plus ou moins voisin.
1 - inadéquation entre besoins et capacité : - à court terme
- traitement thermique : 4 départements sur 8 sont autosuffisants (ou presque),
- stockage : 4 départements sont autosuffisants (voire importateurs de déchets), 2 n'ont pas de centres de stockage sur leur territoire.
- à moyen terme
- traitement thermique : les plans départementaux prévoient la création de 6 unités de traitement thermique pour un tonnage de 400 000 tonnes (hors déchets des entreprises),
- stockage : les plans départementaux prévoient la création de 8 CET pour un tonnage de 500 000 tonnes (hors déchets des entreprises),
Les délais de création des installations sont toujours sous-évalués. Aujourd'hui, les collectivités qui ont une démarche active de mise en place d'une installation de traitement sont confrontées à la fois à des interrogations techniques sur la solution à mettre en œuvre et à des oppositions locales. Communiquer et impliquer davantage la population doit rester une priorité des élus afin de diminuer son hostilité face à l'émergence de nouveaux projets.
2 - incertitude quant à la possibilité de pouvoir exporter
Aujourd'hui, plus de 400 000 tonnes de déchets (municipaux et entreprises) sont stockées, en Rhône-Alpes, en dehors de leur département de production. Cette situation peut être remise en cause : lors de modifications des arrêtés préfectoraux d'exploitation (définition d'un périmètre de « chalandise ») ou suite à des pressions locales pour préserver des capacités de stockage et limiter les nuisances…
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